
Le film ouvre son générique sur la toile de Francisco de Goya, Le 3 mai 1808, symbole de l'insurrection du peuple espagnol face aux troupes napoléoniennes. On assiste ensuite à la mise en place de la reproduction vivante du tableau : arrivée du peloton d'exécution, protestation du peuple... Puis la voix d'une narratrice se fait entendre. Il s'agit de la bonne du couple Foucauld, qui lit un roman sur la guerre napoléonienne en Espagne. Echappant à sa surveillance, la fille des Foucauld a suivi un inconnu qui lui a offert une série de cartes postales. Les parents, à qui la jeune fille remet les cartes, sont horrifiés en regardant ces photographies de monuments célèbres... surtout par le Sacré-Coeur de Paris considéré par le couple comme le plus obscène.

Avant-dernier film du réalisateur Luis Buñuel, Le Fantôme de la liberté, inspiré d'un conte du poète romantique espagnol Gustavo A. Becquer, s'active à dénoncer les bornes de la liberté. Aucun lien logique, aucune cohérence narrative dans cette épopée du non-sens qui brosse une insolente satire de la bourgeoisie en inversant ses valeurs et donc ses convenances. Jean-Claude Carrière, fidèle partenaire de Buñuel depuis les années 60, a coécrit le scénario de cette pochade surréaliste, drôle et décapante, servie par des acteurs de talent (Michel Piccoli, Jean Rochefort, Jean-Claude Brialy...) et dont une autruche est la mascotte dérisoire et souveraine.