
Le guitariste Ry Cooder, collaborateur récurrent de Wim Wenders, entretient son ami de son désir d'enregistrer un album avec de vieux musiciens cubains. L'album connaît un énorme succès et fait sortir de l'ombre ces vétérans d'une énergie impressionnante et communicative faisant état de carrières surprenantes. Ry Cooder se rend une seconde fois à La Havane en compagnie de Wim Wenders, qui le suit lors des séances d'enregistrement et parcours les ruelles de la capitale cubaine à la rencontre de ces virtuoses injustement oubliés.

Documentaire atypique dans le fond comme dans la forme, Buena Vista Social Club est articulé sur le coeur de la culture cubaine (exception faite du cigare) : la musique. Ainsi la proverbiale voix-off est pratiquement absente, et pour ainsi dire remplacée par les chansons et les motifs musicaux, la voix de chaque instrument précédant les présentations des intervenants. Le « son » devient le liant de cet opus qui privilégie à la linéarité du récit une approche beaucoup plus primesautière et affective. Etonnants, attendrissants et émouvants lorsqu'ils relatent leurs carrières ou évoquent leur vie et leurs autres partenaires disparus, les musiciens complices de Ry Cooder deviennent impressionnants lorsqu'ils se mettent à interpréter les standards du répertoire cubain : rencontres éphémères mais puissant creuset créatif. Rythme, émotion, exotisme : vous ne pourrez pas rester de marbre face à ce film !