
Mark « Chopper » Read rêve depuis sa plus tendre enfance de devenir un criminel professionnel. Suite à un attentat raté contre un juge, il intègre à 16 ans le quartier de haute sécurité d'une prison australienne. Personnalité irrationnelle, violente et imprévisible, Chopper s'impose comme le chef incontesté de la prison. Relâché huit ans plus tard, il finit par retourner en prison après le meurtre d'un mineur. Il entame alors la rédaction de son autobiographie et devient un personnage fascinant et controversé que les médias n'ont de cesse de s'arracher.

Andrew Dominik a rencontré le véritable Chopper lors de la préparation du film : attentif aux réactions qu'il provoquait, jouant de son personnage et ne montrant que ce qu'il voulait bien montrer, Chopper est à l'image de sa biographie filmée, qui se propose de restituer les facettes de ce champion de la manipulation telles qu'il les dispense lui-même, sans prétendre à une exactitude historique ou factuelle quelconque. Il s'agit donc moins d'une biographie que d'un portrait double : celui de Chopper lui-même, mais également de la société australienne dont il est le produit. La conduite du récit se focalise sur son personnage principal, qui sert de trait d'union entre les environnements radicalement différents de la prison (au décor épuré à l'extrême) et de la ville, saturée de couleurs et d'informations distordues rendant compte du regard paranoïaque et angoissé du prisonnier récemment libéré. Film au parti pris réaliste sans concessions ni circonstances atténuantes, Chopper est un premier long-métrage réussi et solide, primé en Australie et à Cognac.