
Michele, occupé au volant de sa voiture à faire des grimaces, percute un autre véhicule et perd du coup la mémoire. Essayant de savoir qui il est, il se redécouvre en joueur de water-polo, membre du parti communiste italien, amoureux du cinéma et des mots, et joueur assez maladroit pour faire perdre son équipe sur un penalty.

Lieu : une piscine en Sicile. Action : un match de water-polo, sport préféré du réalisateur. Temps : la durée d'un match. A partir de ces trois unités classiques, le réalisateur Nani Moretti règle quelques comptes avec son pays et son époque. A l'origine, la palombella est un terme sportif désignant un lancer de ballon dessinant une parabole. Mais la parabole s'applique ici à un député communiste qui patauge dans l'eau de la piscine comme dans ses idéaux. Sous couvert d'une comédie, Nani Moretti réalise une fable politique doublée d'une chronique drolatique. Et c'est avec humour et nostalgie qu'il aborde la crise mondiale du communisme tout en s'élevant contre l'idiotie télévisuelle. Un film d'une intelligence rare et d'une lucidité exemplaire.