
Vêtu d'un jean moulant et d'un tee-shirt blanc, le jeune Bobby est emmené de force par d'étranges gladiateurs qui le traînent devant une assemblée d'éphèbes aux cheveux d'or. Troublé, il réalise que l'un d'entre eux lui ressemble trait pour trait. C'est le début d'un long voyage initiatique, entre rêves et fantasmes...

Pink Narcissus, du réalisateur James Bigwood, appartient à la catégorie des films cultes et inclassables, répondant aux adjectifs kitsch, excessif et outrancier. Etrange balade dans l'underground des années 70, patchwork de pop-art façon Andy Warhol, Norman McLaren ou Jean Genet, ce long métrage est d'autant plus mythique que son auteur est longtemps resté anonyme. Assemblage fantaisiste de rushs réalisés pendant près de cinq ans dans un appartement New-yorkais, Pink Narcissus est une succession de tableaux mettant en scène Bobby Kendall, un jeune éphèbe qui a partagé la vie du cinéaste. Voilà pourquoi avant d'être une oeuvre d'art poseuse et érotique, Pink Narcissus est avant tout le réceptacle d'une passion entre deux artistes. Dans une débauche de technicolor, la caméra scrute le héros sous toutes les coutures dans un film inspiré qui, à défaut de raconter une histoire, passe en revue tous les fantasmes homosexuels.