
Ce sont des adolescents qui portent les couleurs de notre monde : ils sont noirs et blancs. Leur vie s'égraine dans une cité de banlieue où ils se croisent, se disputent et finissent par s'aimer. Pourtant, ce n'est pas si simple. Car, le jour où Jo apprend qu'il a été accepté au football club d'Arsenal, la vie du quartier soudain s'accélère. Chacun baisse son masque, va au devant de ses envies les plus profondes, pour finalement se révéler aux autres et à soi même.

La première particularité de Regarde-moi est l'unité de temps dans laquelle l'intrigue est circonscrite. Une journée, pas plus, passée au coeur du microcosme de la cité, voici ce que la réalisatrice Audrey Estrougo nous propose. Quelque part entre le film choral et le portrait social, Regarde-moi nous emmène à la découverte d'un milieu contrasté, où la solidarité et l'amitié côtoient la violence et les discriminations. Loin d'une nouvelle dissertation sur les jeunes des cités et leur souffrance, Audrey Estrougo propose un regard neuf, dont la perspicacité fera rapidement oublier les quelques imperfections. Un film optimiste et éloquent porté par une pléiade de jeunes acteurs tous époustouflants.