
Paul Ryan, 25 ans, travaille dans une filme juridique de Los Angeles. Réservé et terriblement timide, Paul cache une obsession pour le sexe qui le fait regarder des dizaines de films porno, fréquenter les peep-shows et les prostituées, tout en étant incapable d'entamer une relation normale avec une jeune femme. Lassé de la médiocrité des pornos du marché, il s'achète un caméscope et convainc la prostituée qu'il visite régulièrement de tourner pour lui, avec le voisin du dessus, acteur au chômage, en guise d'étalon. Il fait plusieurs autres petits films qu'il envoie à Spano, producteur renommé, qui repère immédiatement son potentiel. Il propose un contrat à Paul et lui présente la pornstar Charise, l'idole de Paul.

Production indépendante remarquée dans de prestigieux festivals internationaux (Montreal, Santa Barbara, Munich), The Pornographer est un film sombre et désenchanté qui décrit avec subtilité et précision l'engrenage dans lequel un jeune consommateur de X éventuellement doté d'un certain talent met le doigt quand il s'entiche de devenir réalisateur. Face à une industrie qui ne s'embarrasse pas de scrupules ni de considérations morales, les réserves du héros ou sa sensibilité ne pèsent pas lourd. Remarquablement interprété, notamment par Craig Wasson (Body Double de Brian De Palma, qui traitait aussi de pornographie) et par Monique Parent (icône sexy de la série B à tendance torride), The Pornographer montre sans aucune retenue la réalité d'un milieu totalement ambigu, qui suscite autant la fascination que l'aversion.