
On connaît tous le nazi Klaus Barbie, chef de la Gestapo et "Boucher de Lyon", tortionnaire de Jean Moulin, condamné en 1987 à la prison à vie pour crimes contre l'humanité. Mais pas Klaus Altmann, l'homme de l'ombre de la répression bolivienne, employé par les services secrets américains... Il s'agit pourtant d'un seul et même homme. Le réalisateur Kevin Macdonald nous révèle, dans un documentaire sans concession, les trois vies barbares de Klaus Barbie. Ses omissions, ses contradictions et ses atrocités : pour comprendre et ne pas oublier.

Avec Mon meilleur ennemi, Kevin Macdonald, metteur en scène du Dernier roi d'Ecosse avec Forest Whitaker dans le rôle d'Idi Amin Dada, mène une enquête des plus documentées. Une investigation qui met au jour l'inconcevable et démontre le cynisme du système démocratique américain. Il est logique si l'on peut dire, qu'un mercenaire « qualifié » comme Klaus Barbie n'ait pas passé quarante années en exil sans reprendre ses activités. Consultant ès torture, spécialiste du coup d'Etat, conseiller militaire, Barbie multipliera en effet les missions. Mais le pire, c'est qu'il ne travaillera pas seulement avec les juntes militaires d'Amérique du Sud ou les nostalgiques du IIIème Reich puisque, dès le sortir de la guerre, ce sont les services secrets américains qui le recruteront pour les besoins de la Guerre froide. En dominant parfaitement son sujet, le réalisateur Kevin MacDonald laisse la part belle aux intervenants, tour à tour touchants, détachés ou cyniques, dans un documentaire gênant qui suscitera à coup sûr la réflexion.