
Tsane, son grand-père, une vache et la voisine institutrice sont les seuls habitants d'un village au sommet d'une colline isolée de la campagne serbe. Le grand-père mourant fait promettre à Tsane de franchir les trois collines pour rejoindre la ville. En vendant la vache, il pourra acheter une icône religieuse et un souvenir. Enfin, il lui faudra trouver une épouse. Arrivé en ville, Tsane n'a aucune difficulté à exaucer les premiers voeux de son grand-père. Mais comment faire pour trouver une fiancée avant la mort du grand-père ?

A l'instar des longs métrages Underground ou Chat noir chat blanc, le réalisateur Emir Kusturica nous livre avec Promets-moi, un de ces films dont il a le secret, à la fois totalement maîtrisé et joyeusement bordélique. Le metteur en scène nous convie pour l'occasion au voyage initiatique d'un jeune homme dans la Serbie moderne, partagée entre goût de la tradition et attrait de l'Occident. Emaillée de rencontres avec des personnages plus truculents les uns que les autres, d'affrontement avec le parrain local et de difficultés amoureuses, cette odyssée rocambolesque au coeur des Balkans ne se fera bien sûr pas sans quelques heurts. Entre fanfare et Kalachnikov, dans le plus pur style Kusturica, Promets-moi est un mélange incongru où la musique rythme l'action et transforme le tragique en burlesque. Un petit bijou de rythme et de truculence pour un film totalement dépaysant.