
À Rome, à l'aube, quand tout le monde dort, il y a un homme qui ne dort pas. Cet homme s'appelle Giulio Andreotti. Il ne dort pas car il doit travailler, écrire des livres, mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable, Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant, ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de président du Conseil...

Après l'avoir dirigé dans L'Uomo in più et Les Conséquences de l'amour, le réalisateur italien Paolo Sorrentino retrouve pour la troisième fois son acteur fétiche, Toni Servillo, qui cette fois-ci se glisse tel un magicien dans la peau de « l'inoxydable » Giulio Andreotti. Figure mythique et incontournable de la scène politique italienne, sept fois président du Conseil et sénateur à vie, Giulio Andreotti fut accusé d'avoir travaillé en sous-main avec la mafia. En dressant le portrait de cet homme à la personnalité complexe, Paolo Sorrentino nous éclaire sur l'Italie des années 70 à la fin des années 90 avec un biopic rythmé et brillant, reflet d'une fourmilière politique agitée et confuse. Mise en scène trépidante, recherches visuelles et bande-son innovante confèrent à Il Divo une efficacité redoutable pour une fresque âpre et grinçante sur le pouvoir et sur la solitude de celui qui l'exerce. Un film-réquisitoire époustouflant, récompensé par le prix du Jury au Festival de Cannes 2008.