
Archie Lee Meighan, propriétaire ruiné d'une culture de coton et homme d'un certain âge, attend avec impatience les vingt ans de sa jeune fiancée Baby Doll, pensant dès lors être autorisé à consommer son mariage. Il présente sa femme-enfant à Silva Vaccaro, un sicilien qu'il pense être son ami. Mais Silva qui convoite Baby Doll, soupçonne en réalité Archie d'incendier ses cultures de coton.

Avec Baby Doll, adaptation de la pièce du dramaturge Tennessee Williams, le réalisateur d'Un tramway nommé désir, Elia Kazan, illustre une fois de plus son talent incomparable pour filmer les confrontations violentes et ambigües. Opposant ici le noir et le blanc, jouant avec les gros plans sur les visages et manipulant les symboles sexuels pour mieux créer le trouble, le metteur en scène livre un long-métrage intense, mêlant force et crudité. Soutenu par un trio d'acteurs qui semble toujours sur le fil du rasoir, composé par Karl Malden, Eli Wallach et la jeune Caroll Baker proprement époustouflante, Baby Doll s'impose aujourd'hui comme un film mythique, encore auréolé du parfum de scandale qui l'accompagnait lors de sa sortie en 1956.