
André Polonski, pianiste virtuose, et Mika Muller, PDG des chocolats Muller, se sont mariés à Lausanne. Auparavant, André a épousé Lisbeth dont il a eu un fils, Guillaume. Le jour de ses six ans, alors qu'ils étaient de passage en Suisse chez Mika, Lisbeth s'est tuée dans un accident de voiture. La jeune Jeanne Pollet, qui prépare le concours de piano de Budapest, apprend qu'elle aurait été échangée le jour de sa naissance avec Guillaume. L'infirmière aurait interverti les bracelets des deux bébés. A la recherche de ses origines et d'un mentor, l'ambitieuse débutante tente de s'approcher du maître. Cette intrusion va ébranler l'édifice familial.

Annaliste précis de la bourgeoisie s'il en est, le cinéaste Claude Chabrol abordait ce 51ème long métrage avec un souci du détail rarement égalé. Pourtant, dès les premières images, on est déstabilisé par son parti pris très affirmé et novateur, tablant sur un jeu d'acteurs façon sitcom et des dialogues au ton décalé. La mise en scène virtuose du maître utilise sa caméra comme un scalpel, tranchant au plus près de la réalité des personnages et de leurs faiblesses, pour mieux égratigner cet univers confiné qu'il exècre. Brillamment emmené par les comédiens Isabelle Huppert, Jacques Dutronc et Anna Mouglalis, cette chronique familiale au vitriol apparaît donc comme un exercice de style. Un nouveau chef-d'oeuvre tout en subtilité signé du réalisateur Claude Chabrol.